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Grave pollution de l’Escaut: pourquoi la France n’a rien dit?

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Message  eeuwige reiziger Mer 6 Mai 2020 - 19:32

Pollution de l'Escaut: deux à trois ans avant un retour à la normale en Wallonie
27 avril 2020

Deux à trois années seront nécessaires avant un retour à la normale pour la biodiversité sur les 36 kilomètres de l'Escaut en Wallonie, a indiqué lundi Nicolas Yernaux, porte-parole du Service public de Wallonie (SPW). La rupture début avril d'une digue industrielle en France a conduit à une pollution majeure du fleuve en France et en Belgique. En Flandre, les opérations d'oxygénation de l'eau ont permis d'éviter la catastrophe.

La nuit du 9 au 10 avril dernier, la digue d'un bassin de décantation s'est rompue au sein de la sucrerie Tereos en France. Quelque 100.000 mètres cubes de boues résultant du lavage des betteraves se sont déversés dans l'Escaut, permettant aux bactéries d'extraire des quantités massives d'oxygène de l'eau.

Malgré l'existence d'une procédure d'alerte internationale, les autorités française n'ont pas informé leurs homologues belges, d'après le SPW. Ce n'est que le lundi 20 avril que la Wallonie a été avertie de la pollution en cours, via l'appel d'un riverain au numéro 1718 dédié aux urgences environnementales, a précisé Nicolas Yernaux.

"On n'a pu que limiter les dégâts", a-t-il regretté. L'administration wallonne estime qu'entre 50 à 70 tonnes de poissons sont morts depuis l'incident côté wallon, une centaine en comptant la mortalité piscicole française. Seul 1% a été sauvé.

Le week-end dernier, le SPW Mobilité a récolté les poissons morts afin de réduire les nuisances (principalement les odeurs). Les opérations de ramassage, aux barrages notamment, sont désormais terminées.

Les autorités wallonnes ont directement averti le gestionnaire des cours d'eau en Flandre, ce qui a permis à celui-ci de réagir vite. La majeur partie des poissons a pu être sauvée au nord du pays grâce à des dispositifs d'oxygénation de l'eau, à des stations d'épuration et à la relocalisation de poissons en eaux saines.

"La catastrophe écologique a pu être évitée en Flandre", a confirmé lundi le Vlaamse Waterweg, qui gère les cours d'eau.

"Avec les poissons sauvés côté flamand, on peut espérer un rempoissonnement naturel d'ici deux à trois ans en Wallonie, les poissons remontant l'Escaut depuis la Flandre", a expliqué Nicolas Yernaux.

En attendant, c'est un dysfonctionnement administratif, judiciaire et politique qu'il va falloir éclaircir. Le SPW est toujours en attente des procès verbaux dressés en France pour déterminer l'origine de la pollution. Sur cette base, les autorités wallonnes pourront elles aussi dresser leurs PV.

D'après le SPW, il s'agit d'une infraction environnementale du 2e degré, punissable jusqu'à un million d'euros. La Wallonie se constituera également partie civile pour réclamer des dommages et intérêts. Mais la procédure risque de durer.


https://www.rtbf.be/info/regions/detail_pollution-de-l-escaut-deux-a-trois-ans-avant-un-retour-a-la-normale-en-wallonie?id=10490725
https://www.rtbf.be/info/regions/detail_pollution-de-l-escaut-le-groupe-sucrier-francais-tereos-se-defend?id=10488889


Pollution de l'Escaut : le film de la catastrophe écologique
23 avril 2020

Les cours d’eau ne s’arrêtent pas aux frontières. Parfois, ils en dessinent les limites. Ces fleuves et rivières qui sillonnent à travers plusieurs pays font donc l’objet d’une gestion collective, internationale.

En ce qui concerne l’Escaut, il existe une Commission internationale, basée à Anvers, qui rassemble les six partenaires concernés par le passage du fleuve : la France, la Région Wallonne, la Province de Flandre Occidentale, la Région de Bruxelles-Capitale, l’Etat fédéral belge et les Pays-Bas. Le Secrétaire général de cette commission, Léon Dhaene, nous a accordé un très long entretien, afin que nous puissions comprendre ce qu'il s’est passé et mesurer l’ampleur de cette catastrophe.


Episode 1 : une digue se brise

Le 9 avril, la digue d’un bassin de décantation de l’entreprise sucrière Téréos, basée dans les Hauts de France, se brise. Ces bassins contiennent des pulpes de betteraves en décomposition.

La digue brisée, 100.000 mètres cubes de cette pulpe, un magma organique, se déverse dans l’Escaut. Il s’agit du début de la pollution. Ce déversement accidentel, l'entreprise Téréos le reconnaît  dans un courrier qu'elle nous a adressé. Mais elle précise : " la définition de boues et ce que leurs propriétés impliquent dans de telles situations est tout à fait spécifique et ne correspond pas au contenu qui a fait l'objet d'un écoulement sur notre site d'Escaudoeuvres. Il s'agit d'eau de lavage de betteraves. La consistance et la composition de boues est bien différentes."

Précision importante à ce stade, il ne s’agit pas d’une pollution chimique. A priori pas de produit directement nocif.

Mais la décomposition de matières organiques, ici, la pulpe de betterave, est opérée par des bactéries et l’action de l’oxygène. Une fois ces flots de pulpes déversés dans l’Escaut, c’est l’oxygène de l’eau du fleuve qui est pompée pour alimenter ce processus.

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Interlude : 100.000 mètres cubes, ça fait combien ?

Afin de nous faire idée, nous avons contacté quelques entreprises qui louent des conteneurs pour l’évacuation de terres et de déblais. C’est un exercice mathématique mais qui permet de mesurer la quantité de ces boues qui baignent depuis le 9 avril dans le lit de l’Escaut.

Un mètre cube de terres humides pèse entre 2 et 2,5 tonnes. Pour ce genre de déchets, les entreprises spécialisées proposent des conteneurs de 8 mètres cubes et tolèrent un chargement de 14 tonnes.

100.000 mètres cubes x 2 tonnes = 200.000 tonnes/un chargement de 14 tonnes par conteneurs =…

C’est donc comme si 14.285 camions avaient déversé les contenus de leurs conteneurs dans l’Escaut !

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Episode 2 : le calendrier

Le 9 avril, donc. Cette digue se brise. Ces tonnes de boues de décantation se déversent dans l’Escaut. Les services de sécurité français interviennent pour colmater la brèche. Ils ne mesurent ni n’envisagent les conséquences de cette fuite.

Le 15 avril, l’Office français de la Biodiversité publie un communiqué pour signaler l’observation d’une mortalité anormale de la faune aquatique dans l’Escaut et certains de ces affluents, suite à la fuite de boues depuis l’entreprise sucrière Téréos.

Le 16 avril, à 17h34, la délégation flamande de la Commission Iiternationale de l’Escaut a repéré ce communiqué et interroge ses homologues français et de la Région wallonne.

Le 16 avril, à 18h30, la délégation de la Région de Bruxelles-Capitale au sein de cette Commission interroge à son tour.

Le 19 avril, seulement, le secrétaire de la Commission internationale de l’Escaut qui ne fait pas partie du système d’alerte reçoit l’information et contacte la délégation française.

Le 20 avril, la préfecture des Hauts de France et la délégation française au sein de la Commission internationale de l’Escaut avouent n’avoir pas été informés et découvrir l’ampleur des dégâts. L’Office français de la biodiversité ne lui aurait pas transmis l’information.

Les boues déversées ont poursuivi leur chemin, le désastre est constaté par des promeneurs et des pêcheurs au niveau de l’écluse de Kain.


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Interlude : l’eutrophie, c’est quoi ?

Ces boues de décantations, c’est de la pulpe de betteraves en décomposition. Un processus qui se poursuit lorsqu’elles sont immergées dans les fleuves. Un processus qui nécessite de l’oxygène.

Cet oxygène est présent dans l’eau de l’Escaut. Mais s’il est utilisé par ces boues et leur décomposition, les poissons et les végétaux aquatiques en sont privés.

Le fleuve se trouve en situation d’eutrophie. Des mesures effectuées en certains endroits ont révélé une absence totale d’oxygène.

La flore et la faune ne peuvent survivre dans ces conditions. La vie aquatique est anéantie sur des dizaines de kilomètres dans l’Escaut.

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Episode 3 : la gestion de crise

L’ampleur de la catastrophe est amplifiée par l’absence actuelle de précipitations. Le flot de boues progresse lentement dans le lit du fleuve. Aujourd’hui il se situe au niveau d’Audenaerde.

Vendredi soir, il est attendu à l’entrée de Gand. Au sein de la cité médiévale, l’Escaut se diversifie et alimente des canaux. Les écluses ont été fermées pour éviter que les boues ne traversent la ville.

En attendant, on travaille en amont. Des hordes d’agents des services environnementaux wallons et flamands, accompagnés de bénévoles, œuvrent à extraire des eaux les poissons qui ont survécu afin de les transférer dans des eaux saines, étangs et lacs à proximité.

Le dragage de ces boues est envisagé mais il faut pour cela des grues particulières qui ne semblent pas mobilisables actuellement.

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Interlude : ironie du sort

Un exercice d’ampleur était prévu le 9 juillet prochain. Il s’agissait de feindre l’accident d’un bateau sur la Lys, affluent de l’Escaut. Un faux accident qui aurait engendré une catastrophe écologique sur la Lys et l’Escaut. Avec évidemment des produits non-nocifs.

Cet exercice devait permettre aux partenaires de la Commission i de l’Escaut de veiller au bon fonctionnement du réseau d’alerte.

On parle ici de l’Escaut, mais tous les cours d’eaux partagés par différents pays disposent d’un système d’alerte. Le SAAE, système d’alerte et d’alarme de l’Escaut, le SAAM, système d’alerte et d’alarme de la Meuse, etc.

La question sera posée du maintien ou pas de cet exercice.

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Episode 4 : 10 ans de travail anéantis

Du côté de la Commission internationale de l’Escaut, des enseignements sont à tirer. Il s’agit d’une catastrophe écologique d’une ampleur jamais connue.

Depuis 10 ans, les 6 partenaires au sein de la Commission Internationale de l’Escaut ont œuvré afin de veiller à une amélioration de la qualité de l’eau et au retour d’une flore et d’une faune luxuriante. Un travail qui portait ses fruits. Un travail anéanti.

Sur sa partie belge ce sont déjà 70 kilomètres d’Escaut qui sont "morts". Impossible de dire, actuellement, le temps qu’il faudra avant que la nature se réinstalle de manière saine et pérenne dans le fleuve.


Epilogue : un dommage inchiffrable

Des enquêtes sont en cours afin de définir les responsabilités. Tant du côté français que du côté belge. La ministre wallonne de l’Environnement, Céline Tellier, entend poursuivre ceux qui pourront être ciblés comme responsables.

L’amende environnementale peut atteindre le million d’euros. Mais les montants réels sont incalculables. Des équipes, sur le terrain et pour plusieurs jours, tentent de sauver ce qui peut l’être. Du dragage, peut-être sera nécessaire. Du rempoissonnement, probablement, devra avoir lieu…

Aucune responsabilité individuelle, condamnée, ne pourra assumer le coût de cette catastrophe écologique. L'entreprise Téréos, dans le courrier qu'elle nous a adressé, veut toutefois être sincère et bienveillante. Elle "attend les résultats de l'enquête et ne dispose pas actuellement des éléments permettant un lien de causalité avéré entre l'incident survenu sur son site et la situation observée en Belgique (...) qui s'avère sensiblement différente de ce qui a été observé côté français". Elle affirme toutefois être prête, en tant qu'entreprise citoyenne, assumer se responsabilité, si elle venait à être établie.


https://www.rtbf.be/info/regions/detail_pollution-de-l-escaut-le-film-de-la-catastrophe-ecologique?id=10488277
https://www.rtbf.be/info/regions/detail_pollution-de-l-escaut-l-equivalent-d-une-maree-noire?id=10487115


Les Pays-Bas français
La pollution de l’Escaut: chronique d’une mauvaise communication
28/04/2020

Ces dernières semaines, une catastrophe environnementale sans précédent a frappé l'Escaut, tant du côté français que belge. La rupture d’une digue qui retenait les eaux usées a entraîné la mort par asphyxie de tonnes de poissons. Curieusement, cette pollution a surpris les Belges, car le système d’avertissement des autorités n’a pas fonctionné comme il aurait dû. Pourtant, les journaux français ont couvert la catastrophe. Une chronique.

Le 10 avril. Dans la petite commune de Thun-Saint-Martin, près de Cambrai, les habitants ont passé une nuit agitée. Leurs jardins et leurs rues se sont retrouvés sous eau. La nuit précédente, une fuite dans une digue de la sucrerie Tereos située à proximité a provoqué le déversement de cent mille mètres cubes d'eau. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’incident se produit. En février, Tereos avait déjà dû faire face à une fuite semblable, mais les dégâts s’étaient alors avérés limités. Cette fois, c’est une véritable vague d'eaux usées qui déferle.

Cette eau est utilisée pour le lavage des betteraves et présente une forte teneur en pulpe de betterave et en sucre. Cette substance se retrouve dans le canal de l'Escaut. Les « Voies navigables de France » (VNF) sont responsables de la navigation fluviale sur les voies navigables françaises et déclare, ce jour-là, que cet incident n'a aucun impact sur le canal.

Ce même jour, le 10 avril, la journaliste Catherine Bouteille annonce dans La Voix du Nord la découverte de poissons morts dans un vieux bras de l'Escaut, à cinq kilomètres en aval. Elle rattache alors cet événement au déversement des eaux usées à Tereos. Elle cite un homme âgé: «J’ai découvert cette odeur à l’époque des récoltes de betteraves, avant la construction des bassins de collecte des eaux usées. C'est l'odeur de la fermentation de la pulpe de betterave». L’eau devient noire et l’oxygène en est extrait, en raison de la présence de pulpe de betterave. Il s’agit d’une catastrophe pour la vie aquatique.

Le 13 avril. Quelques jours plus tard, Catherine Bouteille signale à nouveau la mort anormale de poissons, cette fois à l’écluse de Denain et à Paillencourt, à quelques kilomètres en aval. Des centaines de poissons sont retrouvés morts, flottant à la surface. Pendant ce temps, Tereos réalise des prélèvements d’eau dans l'Escaut et rapporte «que le taux d'oxygène est pratiquement revenu à la normale». Évidemment, puisque la pollution se trouve déjà quelque part en aval.

Le 15 avril. Dans un communiqué de presse, l'Office français de la biodiversité met en lumière la mort massive des poissons dans l'Escaut et établit un lien entre la pollution et la fuite dans les bassins de la sucrerie Tereos. L’Office ouvre une enquête judiciaire sous l'autorité du procureur de Cambrai.

À Valenciennes, les premiers poissons morts remontent à la surface.

Le 16 avril. En réponse au rapport de l'Office français de la biodiversité, les représentants flamands de la Commission internationale de l'Escaut demandent davantage d'informations sur les événements qui se sont déroulés en France. La Délégation de la Région de Bruxelles-Capitale soutient cette requête.

Depuis 1998, la Commission Internationale de l'Escaut assure la gestion de l'eau du bassin hydrographique, c’est-à-dire, le territoire de France, de Belgique et des Pays-Bas traversé par l'Escaut. Cette instance intergouvernementale dispose également d'un système d'Avertissement et d'Alerte de l'Escaut (SAAE), dont l'objectif est de «gérer les pollutions accidentelles transfrontalières de manière rapide et adéquate».

Sur un forum internet destiné aux pêcheurs français, un Flamand demande si la pollution frappera également la Belgique. «Espérons que non», répondent les Français. «Comment pouvons-nous suivre cette affaire si nous ne sommes pas autorisés à pêcher?» demande un autre. Conformément aux mesures COVID-19, aussi bien la France que la Belgique interdisent la pêche à la ligne.

Commission internationale de l'Escaut

Le 19 avril. La Commission internationale de l'Escaut demande des explications à la délégation française.

Le 20 avril. À Antoing, on découvre les premiers cas de mortalité piscicole dans l'Escaut canalisé. Le Gouvernement wallon avertit les autorités flamandes et néerlandaises. Les services de secours repêchent des tonnes de poissons morts dans la rivière.

Le 23 avril. La Région wallonne estime que 50 à 70 tonnes de poissons sont morts dans les 36 kilomètres de la partie wallonne de l’Escaut.

À cet instant, la pollution se situe déjà loin en Flandre. La pulpe de betterave a progressivement effectué un parcours de cent kilomètres. Les autorités flamandes sont informées par leurs collègues wallons et prennent des mesures à temps. Des milliers de poissons étouffent tout de même dans l'Escaut flamand. La pollution continue d’extraire un taux important d’oxygène de l'eau. Le taux n’est peut-être pas aussi concentré que dans la zone frontalière franco-wallonne, mais demeure tout de même mortel.

Le 24 avril. La Préfecture du Nord réagit publiquement et annonce que des prélèvements d’eau ont été réalisés à partir du 10 avril, mais rien n’indique une possible contamination. «Néanmoins, bien qu’une diminution d’oxygène avec l’apparition d’une mortalité piscicole ait pu être constatée dans les jours suivant l’accident, un retour progressif à un taux d’oxygène plus normal a été mesuré. Il n’y a donc pas eu d’alerte aux régions situées en aval, en particulier côté belge».
Une évaluation

Les médias qui couvrent la catastrophe pointent du doigt les autorités françaises. Ce gouvernement semble être composé de nombreux maillons. Les VNF, une délégation de la Commission de l'Escaut, les autorités environnementales, les villes et communes le long de l'Escaut, un procureur, un préfet. L'État est pluraliste.

Cinq jours avant l'arrivée des eaux contaminées en Belgique, l'Office français de la biodiversité avait signalé un grave problème de mortalité piscicole dans l'Escaut. À ce moment-là, la pollution frappait Valenciennes, à environ 25 ou 30 km en amont.

Il semblerait que les journalistes de la zone frontalière franco-wallonne traversée par l'Escaut ne lisent pas les journaux de leurs homologues de l’autre côté de la frontière.

On aura également sans doute deux mots à dire à la Commission internationale de l'Escaut située à Anvers. L'organisation vient de voir le jour en vue de pouvoir signaler de tels problèmes. En dehors des canaux officiels: pourquoi ne lisent-ils pas les journaux ou les articles de presse au sujet du bassin fluvial? Il est même possible d’automatiser les revues de presse aujourd'hui.

En outre, il est nécessaire de discuter d’une coopération transfrontalière. Il n'existe pas de coopération étendue entre la région de Valenciennes et Tournai comme c'est le cas, par exemple, dans l'Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai. On ne peut jamais en être sûr, mais on peut toujours émettre la supposition que si une pollution semblable avait frappé le Deule et la Lys, un débat par-delà les frontières aurait vu le jour plus rapidement, puisque les techniciens locaux se réunissent régulièrement et que leurs plans de concertation ne doivent pas passer par Bruxelles ou Paris.

Les régions de Tournai et de Valenciennes collaborent déjà dans des domaines tels que les services d’incendie et les soins de santé. Elles gèrent également ensemble le parc naturel transfrontalier. Début 2018, un rapport de l'Institut Destrée a souligné la nécessité de renforcer les relations dans la région frontalière rurale franco-wallonne située entre des métropoles qui entretiennent une étroite collaboration: à l'ouest, l'Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai et à l'est, la Grande Région.

Les médias sont également passés à côté de quelque chose. Apparemment, les journalistes de la région frontalière franco-wallonne traversée par l'Escaut ne lisent pas les journaux de leurs homologues de l’autre côté de la frontière. Pendant dix jours, les médias français ont couvert la catastrophe et la mortalité piscicole. Pourtant, en Wallonie, on a pâli en découvrant les premiers cas de poissons morts à Antoing. Les rédactions auraient pu voir la catastrophe arriver.

Le fleuve aura du mal à s’en remettre. Non seulement les poissons, mais les plantes aquatiques également ont beaucoup souffert de la pollution. On ne peut qu'espérer que les décideurs politiques des régions de Cambrai, Valenciennes et Tournai se retrouveront bientôt autour de la table. Instaurer une consultation transfrontalière locale pourrait être plus efficace à long terme que de dépendre uniquement d'un institut international tel que la Commission de l'Escaut qui, en raison de sa taille, doit adopter des procédures abstraites et élaborer de longs plans de concertation.

En attendant, Tereos rapporte dans un communiqué de presse «que le lien de causalité entre sa fuite et la pollution en Belgique n'a pas encore été prouvé». Toutefois le cas échéant, l'entreprise «prendra ses responsabilités», une position que lui ont probablement conseillée ses avocats, dans la mesure où une réclamation de millions d’euros lui pend au nez.


https://www.les-plats-pays.com/article/la-pollution-de-lescaut-chronique-dune-mauvaise-communication

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